• Docteur Cristian-Doru POP

Des réflexions sur la circoncision

Dernière mise à jour : 24 avr.

La circoncision, ou la posthectomie, consiste en l'excision de la peau couvrant le gland du pénis. Il s'agit d'une procédure qui est pratiquée fréquemment dans certains régions du monde, soit juste après la naissance, soit plus tard dans l'enfance ou même à l'âge de l'adulte. Parfois un geste rituel, ou réalisée pour des raison d'hygiène ou encore prévention, la circoncision peut être également médicalement nécessaire dans certains situations comme un phimosis, le traitement d'un lichen scléreux, trauma ou autre pathologies du gland et du prépuce. Dans certains pays de l'Afrique la circoncision a le but de diminuer le risque d'attraper certains infections sexuellement transmissibles.


La circoncision : couper ou ne pas couper ?

La circoncision dans l'histoire


La circoncision est la plus ancienne procédure chirurgicale humaine avec documentation historique et des preuves archéologiques en faveur d'une pratique remontant à l'Egypte antique au 23ème siècle avant l’ère commune.


Dans le monde musulman, la circoncision est réalisée par conviction religieuse pour suivre le sunnah (la pratique) du Prophète Muhammad. En plus le geste a été étiqueté par la suite comme étant bénéfique pour la santé, permettant d'améliorer la propreté ou l'hygiène personnelle.


En Israël la circoncision est pratiquée habituellement 8 jours après la naissance par un mohel (figure religieuse) dans le cadre d'une cérémonie appelée brit milah. Selon la tradition judaïque, la circoncision est la représentation physique de l'alliance de Dieu avec Abraham décrite dans l'Ancien Testament.


Les chrétiens coptes en Egypte ainsi que les orthodoxes d’Éthiopie gardent encore plusieurs caractéristiques du christianisme ancien dont la pratique de la circoncision. Par contre la circoncision n'est plus d'actualité dans les autres formes de christianisme où l'importance de la pratique est diminuée et même déconseillée par les textes du Nouveau Testament.


Pourtant la religion n'est pas seule à motiver les circoncisions non-médicales. Parfois il s'agit des habitudes, de la tradition de famille, de la pression de l’entourage ou d'une question de préférence.



Des bénéfices potentiels de la circoncision


  1. Faciliter l'hygiène - la toilette est plus facile sans la peau qui couvre la gland; néanmoins on peut apprendre aux garçons comment se décalotter et bien laver le gland pendant la toilette

  2. Diminuer le risque d'infection urinaire - les hommes font rarement des infections urinaires mais ils sont moins fréquentes chez l'homme circoncis

  3. Diminuer le risque d'IST - Les études montrent que la circoncision diminue le risque d'attraper certaines infections sexuellement transmissibles comme le VIH; toutefois la protection reste une pratique essentielle

  4. Prévention des certains pathologies - parfois la peau qui couvre le gland (le prépuce) est impossible à rétracter (phimosis) ou peut se bloquer en position rétracté (paraphimosis); cela peut déclencher une inflammation de la peu et du gland

  5. Diminuer le risque de cancer pénien - le cancer pénien reste rare comme pathologie mais la circoncision représente un facteur protecteur; en plus cela diminue le risque de cancer de col utérin chez la partenaire

Cependant il est important de noter que le risques liés à l'absence de circoncision sont rares et évitables avec une toilette correcte et une vie sexuelle responsable. La circoncision n'affecte pas la fertilité et n'influence pas non plus le plaisir sexuel pour l'homme et sa partenaire.



Les risques de la procédure:


Les saignements et les infections sont les risques les plus fréquentes. Par contre in ne faut surtout pas oublier les risques posés par l'anesthésie qui n'est pas un geste anodin.


Des autres risques existes mais ils sont très rares:

- une perte de sensibilité au niveau du gland

- atrophie/ischémie du prépuce

- excès de peau après l'excision du prépuce ou par contre pas assez - troubles de la cicatrisation

- adhésions après la chirurgie nécessitant une reprise

- lâchage des points de suture (surtout en cas de non-suivi des consignes d'abstinence en postopératoire)

A noter que la circoncision peut être plus risquée chez les patient avec des troubles de la coagulation et que parfois une hospitalisation de quelques jours pour surveillance est nécessaire.



Les étapes d'une circoncision


Il est nécessaire de se voir d'abord en consultation avant de réaliser une circoncision. C'est un temps utilisé pour comprendre la demande, examiner le patient et discuter l'indication ainsi que les alternatives le cas échéant. Le principe de l'intervention vous sera expliqué ainsi que ses risques et les suites habituelles. Un consentement écrit vous sera demandé également. C'est à ce moment qu'on décide la date de l'intervention et la secrétaire vous donnera le rendez-vous pour la consultation de pré-anesthésie et les autres documents administratives liés à votre hospitalisation.


La procédure est réalisée la plus part du temps en chirurgie ambulatoire : cela veut dire que vous venez à l'hôpital, on réalise la chirurgie, il y a une période de surveillance et ensuite vous rentrez à la maison. L'heure d'arrivée à l'hôpital vous sera communiquée un à deux jours avant la chirurgie par téléphone,


Les suites sont habituellement simples. Il y aura un traitement contre la douleur à prendre si besoin. La cicatrice peut être couverte par un pansement qu'est à retirer le lendemain de la chirurgie; pour cela vous rentrez sous la douche et vous humidifiez bien le pansement avant de le défaire doucement, tout en mettant de l'eau au fur et à mesure, afin de ne pas faire saigner la cicatrice. Une fois le pansement ôté il suffit de faire la toilette avec de l'eau et du gel de douche - il n'y a pas besoin d'utiliser de solution désinfectante particulière. A la fin essuyer avec une serviette propre sans frotter sur la cicatrice. Une pommade ou de la vaseline peut être prescrite pour mettre sur la cicatrice après toilette, pendant les premiers jours après l'opération, pour éviter que ça colle aux vêtements.


Attention d'éviter des prendre des bains ainsi que la piscine pendant 3-4 semaines après l'opération, le temps nécessaire pour une cicatrisation satisfaisante, afin d'éviter la macération de la cicatrice dans l'eau. Les rapports et la masturbation sont à éviter également pendant 4 semaine au risque de déchirure de la cicatrice.


Les fils utilisés pour la sutures sont résorbables et vont se dissoudre et tomber à partir de 2-3 semaines après l'opération.


Des petits saignements peuvent arriver parfois. Habituellement il suffit de mettre une compresse autour de la cicatrice et comprimer pendant 3 minutes afin d'arrêter le saignement.


Après la circoncision la surface du gland sera exposée en permanence et en conséquence stimulée par le milieu externe, les vêtements etc. C'est une sensation qui va s'améliorer progressivement pouvant prendre jusqu'à plusieurs mois avant de s'estomper complètement.


La consultation postopératoire n'est pas absolument nécessaire si tout évolue bien. Par contre il faut consulter en cas de saignement qui ne cède pas, d'écoulement sale, des douleurs qui ne passent pas avec les traitement prescrites ou toute autre inquiétude.


Et alors : couper ou ne pas couper?



References :


1. Alahmad, Ghiath, and Wim Dekkers. “Bodily integrity and male circumcision: an islamic perspective.” The Journal of IMA vol. 44,1 44-1-7903. 20 Mar. 2012, doi:10.5915/44-1-7903

2. Kacker, Seema, and Aaron A R Tobian. “Male circumcision: integrating tradition and medical evidence.” The Israel Medical Association journal : IMAJ vol. 15,1 (2013): 37-8.

3. Male Circumcision: context, criteria and culture - UN AIDS Organisation, feb. 2007, url; https://www.unaids.org/en/resources/presscentre/featurestories/2007/february/20070226mcpt1


Fiches informatives de l'Association Française d'Urologie

posthectomie-enfant_1
.pdf
Download PDF • 71KB
posthectomie-adulte_1
.pdf
Download PDF • 84KB