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Le prolapsus génital et la cystocèle

  • Photo du rédacteur: Docteur Cristian-Doru POP
    Docteur Cristian-Doru POP
  • 1 mars
  • 3 min de lecture

C’est un sujet dont on parle peu, parfois par pudeur ou par tabou, et pourtant il touche de très nombreuses femmes. Le prolapsus génital, communément appelé "descente d'organes", est une condition courante et des solutions efficaces existent pour vous redonner tout votre confort de vie.



Qu'est-ce que le prolapsus génital ?


Dans le bas de votre ventre, les organes (la vessie, l'utérus et le rectum) sont maintenus en place par un ensemble de muscles et de tissus comparables à un hamac : le plancher pelvien (ou périnée).

Si ce "hamac" se détend ou se fragilise, il n'arrive plus à soutenir correctement les organes. Ces derniers glissent alors doucement vers le bas et viennent pousser sur les parois du vagin.



 Cystocèle :ou quand la vessie descend


La cystocèle est la forme de prolapsus la plus fréquente. Elle se produit lorsque la paroi située entre la vessie et le vagin s'affaiblit. La vessie descend alors et vient faire une bosse (une "boule") à l'intérieur du vagin, parfois visible ou perceptible à l'extérieur.



Les signes qui doivent vous alerter


Une cystocèle ne présente pas toujours de symptômes au début. Lorsqu'elle évolue, vous pouvez ressentir :

  • Une sensation de pesanteur ou de lourdeur dans le bas-ventre (souvent plus marquée en fin de journée ou après un effort).

  • La perception d'une bosse ou d'une boule à l'entrée du vagin.

  • Des gênes urinaires : des difficultés à vider complètement la vessie (ce qui oblige parfois à pousser), des envies d'uriner très fréquentes ou urgentes, ou des infections urinaires à répétition.

  • Des fuites urinaires (notamment à l'effort : toux, rire, sport).

  • Une gêne lors des rapports sexuels.


À savoir : La cystocèle n'est pas une maladie grave ou dangereuse, mais elle peut devenir très inconfortable au quotidien. L'objectif des traitements est avant tout d'améliorer votre qualité de vie.



Prises en Charge et Traitement


Si la cystocèle ne vous gêne pas au quotidien, aucun traitement médical lourd n'est nécessaire. Une simple surveillance suffit. En revanche, si la gêne s'installe, l'urologue vous proposera des solutions adaptées à votre situation et à l'importance du prolapsus.



1. Les options sans chirurgie (Prolapsus léger à modéré)


  • Rien faire : le prolapsus n'est pas dangereux surtout dans ses stages incipits et on peut ainsi temporiser tout traitement le temps qu'il n'est pas trop gênant


  • La rééducation périnéale : Animée par un kinésithérapeute ou une sage-femme, elle permet de renforcer les muscles du périnée pour redonner du tonus au "hamac". Elle est idéale pour stopper l'évolution d'un petit prolapsus.


  • Le pessaire : C'est un petit dispositif (souvent un anneau ou un cube en silicone) que le médecin insère dans le vagin. Il agit comme un pilier pour maintenir la vessie à sa place. C'est une solution très efficace, sans risques, que l'on peut porter en continu ou seulement lors de certaines activités (comme le sport).

Differents types de pessaires
Differents types de pessaires

2. Les options chirurgicales (Prolapsus plus avancé ou gênant)


Lorsque la rééducation ou le pessaire ne suffisent plus, une intervention chirurgicale peut être envisagée avec votre urologue pour repositionner durablement la vessie.

Type d'intervention

En quoi cela consiste ?

Avantages

Par voie abdominale 

(Promontofixation)

L'urologue utilise de petites incisions (souvent par cœlioscopie ou assistance robotique) pour installer un tissu de renfort (une petite bandelette) qui va suspendre la vessie à un ligament solide en arrière.

Excellente durabilité, cicatrice invisible dans le vagin, idéal pour les femmes actives.

Par voie vaginale 

(Chirurgie par les voies naturelles)

L'urologue répare les tissus directement en passant par l'intérieur du vagin, souvent en retendant vos propres tissus (plicature).

Pas de cicatrice sur le ventre, suites opératoires généralement très simples et moins douloureuses.


Conseils pratiques au quotidien pour préserver votre périnée


Que vous choisissiez une rééducation, un pessaire ou une chirurgie, quelques habitudes simples permettent de protéger votre plancher pelvien :

  • Évitez la constipation : Les efforts répétés pour aller à la selle poussent les organes vers le bas. Privilégiez une alimentation riche en fibres et buvez de l'eau régulièrement.

  • Apprenez à porter les charges lourdes : Fléchissez les genoux et gardez le dos droit. Pensez à contracter votre périnée et à expirer (souffler) pendant l'effort.

  • Contrôlez votre poids : Le surpoids exerce une pression constante sur le plancher pelvien.

  • Traitez une toux chronique : Si vous toussez régulièrement (liée au tabac ou à des allergies), consultez pour la prendre en charge, car la toux fatigue le périnée.


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