• Docteur Cristian-Doru POP

Les calculs urinaires

Les calculs des voies urinaires incluent les calculs des reins, des uretères ainsi que les calculs vésicaux. La plus part des calculs se forment à l'intérieur des cavités rénales et soit ils restent à ce niveau, soit ils se mobilisent et arrivent au niveau des uretères étant responsables dans ce cas de l'apparition des douleurs rénales de type colique néphrétique. La douleur de colique néphrétique, ou colique rénale, est le résultat de la dilatation des cavités urinaires à l'intérieur des reins et des spasmes, secondaires à l'obstruction par le calcul. De l'autre coté, les calculs vésicaux apparaissent habituellement directement dans la vessie en rapport avec un défaut de vidange vésicale avec stagnation des urines.


Calculs urinaires
Calculs urinaires

Symptômes

Le tableau classique de colique néphrétique se manifeste par l'apparition brutale d'une douleur du flanc avec irradiation antérieure et inférieure vers la région inguinale homolatérale. Il s'agit d'une douleur qui n'est pas précipitée par le changement de position et qui n'a pas de position antalgique non-plus. Dans environ 50% des cas, la douleur associe des nausées et des vomissements. En plus les calculs peuvent déclencher des infections urinaires et sont responsables de la présence du sang dans les urines (souvent découvert lors d'une analyse des urines). Les calculs non-obstructifs sont le plus souvent asymptomatiques par contre.


Diagnostic

Le tableau de colique néphrétique permet la plus part du temps de pose assez facilement le diagnostic. Néanmoins, des examens complémentaires sont réalises :

  • bandelette urinaire - permet d'évaluer la présence du sang et des bactéries dans les urines; en cas de bactériurie, une culture urinaire est demandée également

  • créatinine sérique - pour mesurer la fonction rénale

  • numération/plaquettes et CRP - à la recherche d'un syndrome inflammatoire biologique en cas de fièvre

  • ionogramme - utile surtout en cas d'insuffisance rénale et vomissements

  • pH sanguin et urinaire - pour orienter sur l'étiologie des calculs

  • culot urinaire - à la recherche des cristaux des calculs dans les urines

  • analyse des urines sur 24h - dans le cadre du bilan métabolique pour rechercher l'étiologie des calculs

Les examens d'imagerie utilisés pour le bilan de lithiase :

  • Scanner abdomino-pelvien sans injection de produit de contraste - l'examen de référence pour le bilan de lithiase permettant d'évaluer la position, la taille et la densité des calculs

  • Échographie des voies urinaires - rapidement disponible, permet de confirmer la présence des calculs au niveau des cavités rénales et de la jonction urétero-vésicale, d'évaluer la présence d'une dilatation des cavités rénales; n'arrive pas à visualiser les éventuels calculs positionnés au long de l'uretère

  • L'ASP - c'est la radiographie abdominale classique qui permet de mettre en évidence les calculs denses comme des opacités sur les aires de projection des voies urinaires; peut être en complément à une échographie.

  • Scintigraphie rénale - utilisé pour évaluer la fonction rénale différentielle


Prise en charge et traitement

On parle de traitement médical et chirurgical pour les calculs en fonction de situation. Les calculs de petite taille ont plus de chance de réaliser un passage spontané.


1. Pharmacothérapie :

  • AINS (ex. kétoprofène, ibuprofène) - le meilleur effet antalgique dans la colique néphrétique

  • Paracétamol

  • alpha-bloquants (tamsulosine, alfuzosine) - facilitent le passage des calculs

  • antibiotiques - en cas d'infection urinaire; une colique rénale fébrile impose aussi un drainage chirurgical des urines infectés afin de diminuer le risque de septicémie et choque septique.

  • alcalinisation des urines (citrate de potassium, Eau de Vichy Célestins) - pour dissoudre les calculs d'acide urique et cystéine

2. Traitement chirurgical, pour les calculs de 7 mm ou plus qui on peut de chance de passage spontané :

  • pose de sonde JJ urétérale - pose d'une prothèse interne en silicone, par les voies naturelles pour débloquer le rein

  • pose de néphostomie percutané - pose d'un drain directement dans le rein sous guidage radiologique

  • Lithotritie extracorporelle (LEC) avec des ondes de choc (ultrasons) sous guidage radiographique ou échographique

  • urétéroscopie semi-rigide pour les calculs de l'uretère et souple pour les calculs situés dans les cavités rénales

  • néphrolitotomie percutané (NLPC)

  • néphrolitotomie chirurgicale - pour des très gros calculs qui ne peuvent pas être traités par un nombre raisonnable des séances d'urétéroscopie ou NLPC


Cependant, le mieux est de prévenir l'apparition des calculs urinaires et la meilleure façon de le faire est de bien s'hydrater (autour de 1,5 à 2L des liquides à base de l'eau par jour). Par contre il faut prendre soin d'éviter les eaux trop riches en calcium. La liste des règles hygiéno-diététiques de l'Association Française de l'Urologie peut être un outil très important pour nous orienter de règle générale et en particulier quand on connaît la nature des calculs (après une analyse par spectrophotométrie en infrarouge par exemple). De principe on conseille un régime alimentaire équilibré, cela veut dire de diminuer certains aliments sans complètement s'en priver. La fiche RHD de l'AFU est disponible pour téléchargement en dessus.

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